Créée par maître Oyama dans les années 40-50, l'école de Karaté Kyokushin est considérée comme la plus dure, la plus efficace, mais aussi la plus intransigeante des écoles de karaté japonaises. On y apprend la maîtrise du corps et de l'esprit à travers des entraînements très physiques ou respect et discipline sont omniprésents.
Ses techniques circulaires typiques, proviennent du Gojû Ryû, de divers styles de Kenpo et de boxes. Au programme : techniques de respiration, training "cardio", musculation naturelle, stretching, techniques Kyokushin de base, Katas, self-défense, techniques de casse ''Tameshiwari'' et application en combat libre ''kumité''.
Afin de respecter son devoir de perfection, l'organisation Kyokushinkaï fait évoluer le style en permanence (évaluation et perfectionnement des instructeurs). Pour les élèves, c'est un gage de qualité d'enseignement où la barre est placée d'entrée très haut. Le kyokushin est élitiste, mais accessible à tous ! La volonté, cela s'acquiert et cela s'entretient.
Masutatsu Oyama est né sous le nom de Choi Yong-Li, le 27 juillet 1923 dans un village situé dans le sud-ouest de la Corée. La plupart des membres de sa famille (son père et ses trois frères) étaient pourvus d'une robuste constitution. Très tôt le jeune Choi Yong-Li est confronté à l'effort physique. En effet son école est située à 10km de chez lui, distance qu'il couvre tous les jours à pieds. Masutatsu commence à pratiquer deux Arts Martiaux locaux: le Tae-Kyon et le Tae-Kwon-Pup. Il apprend aussi quelques types de lutte et en même temps le Kempo Chinois et le Kenpo Japonais.
En 1936 Masutatsu est à Tokyo et il commence à pratiquer le Judo. L'école n'est pas son soucis principal, il s'intéresse à un art de combat nommé chabee, commence à pratiquer à l'âge de neuf an, et ne rate aucun entraînement. Le chabee est un art sino-coréen basé sur des techniques de boxe chinoise (les 18 techniques). Choi Yong-Li a pour idôle un catcheur qu'il suit dans toutes ses démonstrations, il représente puissance et invulnérabilité. Pourtant un jour ce catcheur lance un défi à une foule craintive, un homme frêle s'avance et contre toute attente terrasse la montagne. Choi Yong-Li découvre sous les traits de cet homme qu'il connait déja (il travaille à la ferme de ses parents), un nouveau héro. Il le persuade de l'entraîner au chabee, cela dure deux ans jusqu'à ce que le contrat de Choi Yong-Li expire.
En 1938 à l'âge de quinze ans, il s'exile au Japon dans le but de devenir pilote. Son rêve étant de ressembler à ses héros de l'époque, les pilotes de chasse coréens. Il entre dans une école militaire pour étudier la mécanique aéronautique dans le sud de Tokyo. Quelques années plus tard, il quitte cette école sans raisons apparentes et ne termine pas son cursus.
A l'age de quinze ans, après avoir quitté l'école, Choi Yong-Li se retrouve seul errant de place en place, subissant les discriminations anti coréen. Il finit par louer une chambre chez la famille Oyama, eux aussi sont coréens d'origine avec un nom japonais d'emprunt. Le changement de nom était monnaie courante pour les non japonais qui s'évitaient bien des ennuis. Choi Yong-Li pense lui aussi à en changer pour facilité son intégration au sein d'une société conservatrice comme le Japon. Il choisit ainsi Masutatsu Oyama, par reconnaissance pour sa famille d'accueil. Les deux enfants de ce foyer se nommaient Shigeru et Yasuhiko, qui seront plus tard haut gradés en kyokushin et occuperont des positions importantes dans l'organisation. Mas Oyama s'inscrit ensuite à l' université de Takuskoku, connue pour la pratique des arts martiaux,où il s'entraîne au judo et à la boxe mais il recherche autre chose ...
Un jour, il surprend un entraînement de karate okinawaien, cela l'intéresse beaucoup et il s'inscrit au dojo Shotokan de Gichin Funakoshi et Yoshitaka, son entraînement est assidu et ses progrès fulgurants. Après quelques mois de pratique il dit au sujet du Shotokan: "Je n'ai pas aimé devoir contrôler mes techniques, donc je suis parti...". Deuxième dan à 17 ans et quatrième à 20 ans lorsqu'il entra dans l'armée impériale japonaise. Parallèlement il continue le judo jusqu'au quatrième dan.
Oyama cherchait dans le Karaté quelque chose de différent de ce qu'il avait appris avec le groupe Funakoshi. En 1940, il quitte le Shotokan parce que le fils de Funakoshi, Yoshitaka perdit une bagarre avec un expert du Goju-Ryu. Il jugea ce style comme étant inefficace.
La défaite du Japon en 1945 et les conséquences de l'occupation, L'indignation semble trop lourde pour le jeune Oyama qui en sort profondément affecté. Par chance il rencontre maître Sô Nei Chu, coréen d'origine, une des plus hautes autorités en Goju Ryu au Japon. Il était renommé pour son extraordinaire force physique et mentale, c'est lui qui encourage Oyama à dédier sa vie au karaté, et lui suggère de se retirer du reste du monde pendant trois ans. C'est alors que Masutatsu devient disciple de Maître Sô Nei Chu qui est un des assistants de Gogen Yamaguchi, le fondateur du Goju-Ryu. Il pratique avec une volonté exceptionnelle et une intensité immense. En 1947, il participe à Kyoto à un championnat qui regroupait les écoles de Karaté les plus populaires du Japon. Un championnat sans règles! Oyama saisit cette opportunité et gagna. Il avait alors 24 ans.
Au cours d'une soirée il est agressé par un homme qui sort un couteau dans un bar de Tokyo, en ripostant il le tue accidentellement. Pour cela il va être immédiatement emprisonné. Après quelques mois le verdict tombe et le cas est clos car jugé "de légitime défense". Oyama est libéré. Il décide alors de quitter la ville et se contraint à se retirer loin de tout.
Il est restera approximativement 2 années dans les montagnes ceci pour approfondir sa connaissance du Zen et du Karaté. Il pratiquait seul, avec tous les types d'objets naturels imaginables. Par exemple, il avait placé quelques makiwara contre les arbres, se musclait avec des grandes pierres, méditait sous une cascade et frappait des pierres et des arbres jusqu'à ce que ses bras et ses mains étaient tellement blessées qu'il ne pouvait plus continuer. La légitime défense est retenue au tribunal, Oyama bénéficie ainsi d'un non lieu mais reste profondément affecté. C'est alors qu'il rencontre Eiji Yoshikawa,auteur retraçant la vie de Musashi, auprès duquel il apprend le code bushido qui finit de décider son départ. A 23 ans il quitte la civilisation pour se retirer sur les flancs du mont Kyosumi avec un étudiant et le livre de Yoshikawa. Devant la solitude l'autre étudiant craque et s'enfuit, Oyama reste seul jusqu'à ce que son sponsor ne puisse plus subvenir à ses besoins. Il s'astreint durant ce temps à un entraînement hors du commun dans la nature, son but étant alors de devenir le plus fort karatéka du Japon et donc du monde. Au bout de 18 mois il stoppe sa retraite faute de moyens et commence à tester les fruits d'un tel entraînement.
Oyama entendit parler d'un Maître d'Okinawa qui se battait contre des taureaux. C'était Maître Sokon Matsumura. C'est ainsi que Oyama décida d'essayer de lutter lui aussi contre un taureau. En 1950 il remporte le championnat du japon, et commence à lutter contre des taureaux. Au cours de sa vie il en affrontera 52, en tuera 3 et brisera les cornes des 49 autres. Tout ceci en mettant sa vie en danger, en particulier en 1957 devant les caméras où il se retrouve grièvement blessé par une corne. L'organisation protectrice des animaux se plaint et obtient gain de cause même si ces taureaux étaient destinés aux abattoirs. En 1952, il commence une tournée retentissante aux U.S.A, démontrant son karaté dans des shows live ou télévisés. Oyama ne refuse aucun défi et sort vainqueur de plus de 270 combats. La plupart des adversaires n'ont jamais dépassé trois minutes, et beaucoup n'ont tenu que quelques secondes. Ses casses sont tout aussi spectaculaires et variées, bouteilles, planches, briques.
Son premier dojo ouvre en 1953, à l'extérieur dans un parc de Meijiro à tokyo. L'entraînement dispensé est très dur mais il connaît un succès immédiat. C'est en 1956 que naît son dojo intérieur dans une ancienne salle de danse derrière l'université de Rikkyo à 500m de l'actuel Hombu Dojo.Oyama est venu pour souligner la force dans sa formation et en 1956, il fonda le Kyokoshinkai, un karaté plein contact. Dès 1957, Oyama crée à Tokyo le Kyôkushin-Kai, 700 élèves viennent s'y inscrirent. En dépit du fort taux d'abandon dû à l'intensité excessive de l'entraînement. Des étudiants d'autres dojos viennent parfaire leur technique de combat grace aux techniques réalistes enseignées ici. On travaille plus que les techniques dites de percussion du karate classique, le combat est réaliste et complet, les règles sont peu restrictives, si bien que 90% des élèves abandonnent devant un karate si rude.
Les quatiers généraux du kyokushin (L'Ultime vérité) ont ouvert officiellement en juin 1964 et le nom signifiant " ultime vérité " à été adopté. Depuis le kyokushin n'a cessé de se répandre à travers le monde , dans plus de 120 pays avec plus de 10 millions de pratiquants, qui ont du kyokushin une des plus grosses organisations mondiale. Les pratiquants conquis les plus connus sont Sean Connery (1er dan honorifique), Dolph Lundgren (3ème dan et champion d'europe), Juan Carlos, Nelson Mandela...
En 1964, il crée l'Organisation Internationale de Karaté (I.K.O).
Oyama organise en 1969 le premier Championnat du Japon de Kyokushinkai toutes catégories confondues. En 1972 eurent lieu à Paris les deuxièmes championnats mondiaux de l'Union Mondiale de Karate-Do (W.U.K.O) et en 1975 les premiers Championnats Mondiaux de Kyokushinkai ont eu lieu à Tokyo.
Le 26 avril 1994 Sosai meurt d'un cancer de la gorge à l'age de 70 ans. Il laisse derrière lui une gigantesque organisation dont le pouvoir va être disputé. Deux principaux groupes revendiquent la tête de l'organisation, l'un dirigé par Akyoshi Matsui se déclarant héritier testamentaire, l'autre par Keiji Sampei et Yukio Nishida suivant la femme de Sôsai : Chiyako Oyama. Le testament de sôsai en faveur de Matsui est invalidé par la justice mais l'autre organisation joue les prolongations en appel. Cette fracture est répercutée au niveau mondial, en France il existe deux organisations : F.K.K.O (qui suit Sampei) et E.F.K.K (qui suit Matsui).Chacune garde sa prise de position face aux instances internationales, inutile d'alimenter des discussions pseudo philosophiques en revendiquant chacun la légitimité de l'esprit de Mas Oyama.Malheureusement pour le Kyokushin il est mort et son esprit est parti avec lui, c'est à travers le travail et la sueur que l'espoir dérisoir de le garder immortel peut alors naître ...